Transition écologique à Paris

Valentin Duban Guilllaume Lebagousse

Paris est une ville leader dans la lutte contre le changement climatique. Adopté pour lapremière fois en 2007, puis actualisé en 2012, le Plan Climat de Paris franchit un cap en2018. Il fixe de nouveaux objectifs, toujours plus ambitieux car nécessaires pour mettre enœuvre l’Accord de Paris, en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre(GES) et détaille plus de 500 mesures dans plusieurs domaines d’actions (bâtiment,transports, énergie, alimentation, déchets, cadre de vie, mobilisation, finance…),D’ici 2020, la Ville accélère les actions définies dans le précédent Plan climat afin d’atteindreses objectifs (réduire de 25% les émissions de GES et les consommations énergétiques deParis, avoir 25% d’énergies renouvelables dans la consommation d’ici 2020 par rapport à2004) et répondre à l’urgence de la transition écologique.D’ici 2030 un plan d’actions opérationnel sera mis en œuvre dans l’objectif de réduire de50% les émissions de GES, de 35% les consommations et d’atteindre 45% d’énergiesrenouvelables.Enfin, l’objectif d’ici 2050 est de construire une ville neutre en carbone et 100% à énergiesrenouvelables.À l’issue de la COP 21, en 2015, 195 États ont adopté l’Accord de Paris visant à contenir lahausse moyenne des températures de la planète en dessous de + 2 °C. Cet accordhistorique est entré en vigueur le 4 novembre 2016 grâce à une mobilisation sans précédentde la société civile et des États. Au-delà de l’objectif climatique, la communautéinternationale a ainsi dessiné la transition de la planète vers un écosystème sobre encarbone, pour la seconde moitié du siècle Paris a accueilli et revendique, avec force, cenouveau projet de société, mis en œuvre localement par un ensemble d’actions et de projetsconcrets.Le développement des vélos par exemple sont une solution intéressante afin de lutter contreles émissions de co 2 dans la ville de Paris.Avec plus de 15% des déplacements effectués à vélo d’ici 2020, Paris se fixe l’objectifambitieux de devenir une capitale mondiale du vélo. La Ville dévoile son Plan vélo2015-2020 et prévoit un investissement inédit de plus de 150 millions d’euros qui permettranotamment de doubler la longueur des voies cyclables d’ici 2020.La compétence du traitement des déchets relève d’un syndicat intercommunal, le​ Syctom​,agence métropolitaine des déchets ménagers.Paris se situe en 2015 dans le dernier tiers des capitales européennes en termes deperformances pour la collecte sélective de ses déchets Le taux d’​incinération​ oud’​enfouissement​ des déchets de la capitale atteint 84 % contre seulement 16 % pour lerecyclage. Seul le verre est recyclé à 65 %. En 2016, la Ville de Paris se donne un taux demise en décharge ou en incinérateur inférieur à 50 % et de 20 % à l’horizon 2030,notamment en collectant de manière discriminée les biodéchets et en créant uneressourcerie​ par arrondissement d’ici 2020.Alors qu’historiquement Paris avait choisi de faire traiter ses déchets dans les communesriveraines, la Ville a implanté depuis les​ années 2010​ de déchetteries et des centres de triintra muros 12. Depuis 2011, un premier centre de tri de déchets -​ Paris XV​ – est implantéintra muros dans le​ 15​e​ arrondissement.​ Le chantier d’un second est lancé en 2017 dans lequartier des Batignolles​ pour une ouverture en 2019. Toutefois ces nouveaux équipementsrestent moindres face au nombre d’usines de traitement de déchets et incinérateurs situéesdans les communes limitrophes à Paris.

Accord de Paris

Gense Quentin

Pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique en deçà de 2°C, la Métropole Rouen Normandie fait trois constats : le premier estque la Métropole ne peut agir seule sur son territoire, en effet, les émissions de gaz à effet de serre et les consommations d’énergie sont majoritairement le fait d’autres acteurs, il est donc essentiel de les impliquer plus largement ; deuxièmement la marche à franchir est haute et les actions devront être ambitieuses, innovantes et concerner tous les domaines ; et pour finir il faut agir dès à présent. Ce triple constat forme la démarche « COP21 Rouen Normandie » construite en partenariat avec l’ADEME et le WWF France. Son objectif est de mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire, pour que l’action combinée de tous permette de répondre efficacement aux enjeux du réchauffement climatique. Ils veulent mettre en œuvre résolument la transition écologiquedu territoire. L’Accord de Rouen pour le climat formalise ce travail, après une année de mobilisation intense. Comme pour l’accord de Paris, c’est un vaste élan qu’il faut maintenant renforcer pour obtenir le résultat ambitieux recherché. Avec les objectifs définis dans la politique air climat-énergie de la Métropole votée le 8 octobre 2018 afin de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C voire 1,5°C, l’enjeu est désormais de démultiplier les engagements et d’aller vers la massification des actions. Loin d’être un commencement ou un aboutissement, l’Accord de Rouen pour le climat conclu le 29 novembre 2018 est une étape dans la mobilisation du territoire pour la transitionécologique.En 2019, dans la poursuite du partenariat engagé avec l’ADEME et le WWF France, il s’agira de passer d’une année qui aura permis la mobilisation d’un grand nombre d’acteurs sur les questions d’atténuation et de réduction des émissions, à une dynamique d’entraînement afin de faire vivre l’engagement des acteurs du territoire dans la durée, et lui permettre de prendre toute son ampleur.Pour la Métropole, l’objectif est d’accompagner les communes dans la mise en œuvre de leurs actions et animer la dynamique mise en place : Une démarche globale, permettant unearticulation entre les différents d’engagements et les différentes démarches portées par les communes : les 3 communes pilotes déjà labellisées Cit’ergie, les 11 communes en cours d’engagement dans la démarche Cit’ergie, la vingtaine de communes pour lesquelles la démarche “Climat Pratic” est la plus adaptée et les autres communes nécessitant également un accompagnement spécifique, notamment dans le cadre des dispositifs d’accompagnement en place à la Métropole. Le renforcement des réseaux d’échange de pratiques durables, rassemblant les élus et représentants des services municipaux souhaitant jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre effective des engagements communaux, la valorisation et le partage des pratiques exemplaires et l’identification de nouveaux projets ou nouvelles innovations en matière de transition. Les entreprises et administrations doivent s’engager à terme avec 100 entreprises avec 100supplémentaires à titre individuel pour 2019, mettre en œuvre les feuilles de route des coalitions d’actions et susciter l’émergence de nouvelles coalitions d’action.À cette fin, l’animation et le suivi des coalitions sera soutenue par les services de la Métropole en lien avec les filières concernées.L’objectif est d’ancrer la démarche comme marqueur du territoire à tous les niveaux de la viedu citoyen : que chacun soit acteur de la transition. L’application WAG et la démarche GD6Dseront poursuivies pour amplifier l’implication citoyenne avec des solutions concrètes de proximité. Le programme de sensibilisation à l’environnement et aux pratiques durables se poursuivra auprès des communes, des clubs sportifs, des organisateurs de manifestations, des écoles, des structures sociales et autres relais… Un des premiers objectifs de la Métropole sera de rendre éco-responsables toutes les manifestations qui auront lieu sur le territoire. Fort du réseau constitué, l’Atelier de la COP21, à l’été 2019, se dématérialise pour continuer à jouer son rôle de catalyseur, car la transition écologique est partout. L’Atelier continuera à promouvoir l’action en réseau et deviendra la plate-forme de suivi et de mobilisation permanente de l’Accord de Rouen.


Article écrit par Gense Quentin sur les résolutions vis-à-vis du climat à Rouen, le 11 Janvier 2021, Zouglou Magazine.